Femmes inoubliables
Marie-Antoinette de Stefen Zweig (J’ai Lu - 8,20€)
Cette biographie, l’une des plus belles du genre, est celle d’une «femme ordinaire» qui aimait la vie et voulait profiter de sa jeunesse. Mariée pour des raisons d’État à quatorze ans, elle est adulée à son arrivée en France mais ne tardera pas à être conspuée par le peuple. C’est seulement face à la mort que cette personnalité égocentrique et futile prendra toute son envergure de reine et de Habsbourg. Stefan Zweig brosse de Marie-Antoinette un portrait historique, fondé sur des documents d’archives, mais aussi psychologique. Il comprend son héroïne sans jamais l’excuser et plonge le lecteur au coeur d’un des tournants les plus complexes, grandioses et tragiques de l’histoire mondiale. Cette nouvelle traduction, intégrale et fidèle, nous donne à voir le style de Zweig dans toute sa force et sa passion, en restant au plus près de la prose originale.
Marie de Médicis: Une Européenne à la mode du XVIIe siècle de Jean-Marie Constant (Perrin - 22€)
Et si la régence de Marie de Médicis (1610-1617) avait été, non un temps de faiblesse et de chaos, mais l’un des plus libres et brillants du XVIIe siècle ? Longtemps jugée sévèrement par la tradition historique, la régence de Marie de Médicis (1575-1642) mérite aujourd’hui un nouveau regard. Cet essai propose une réévaluation profonde de cette période charnière du XVIIe siècle, à la lumière de nouvelles recherches et d’interprétations inédites de sa politique. Derrière l’image d’une reine faible ou manipulée, se dessine une femme de pouvoir, héritière d’Henri IV, qui sut gouverner avec intelligence dans un moment de transition décisif. Son règne ouvre une ère de paix et de prospérité : réconciliation avec l’Espagne, reprise économique après les guerres de Religion, liberté d’expression sans précédent -; en témoignent les centaines de pamphlets publiés sous son gouvernement. Sous son impulsion, la France se pare des fastes du baroque européen : Marie de Médicis fait bâtir le Palais du Luxembourg, chef-d’oeuvre de Salomon de Brosse, et commande à Rubens le célèbre cycle pictural qui magnifie sa vie et son pouvoir. Entre politique, diplomatie et mécénat, elle incarne une vision européenne et pacifique du gouvernement, à contre-courant d’une noblesse attachée aux valeurs guerrières et héroïques. De la gloire des États généraux de 1614 à sa chute provoquée par l’assassinat de Concini, cet ouvrage retrace la trajectoire d’une figure majeure de la première modernité, qui fit de sa régence un moment d’audace, de liberté et de création.
Les Soeurs Brontë: La force d’exister de Laura El Makki (Tallandier - 9,50€)
Les soeurs Brontë sont un mystère. Isolées du monde, filles d’un pasteur de village, elles ont révolutionné l’histoire littéraire en publiant, sous pseudonymes masculins, des romans brûlants d’amour et de vie comme Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent.
Haworth, 1836. Dans les landes du Yorkshire, Charlotte (20 ans), Emily (18 ans) et Anne (16 ans) écrivent à la lumière de la bougie. Comment ces jeunes femmes de condition modeste, sans relations ni entregent, vont-elles devenir des autrices qui comptent ? Quel rôle tient leur frère Branwell, artiste raté, dans cette fratrie à la fois soudée et rongée par les non-dits ?
Partie sur les traces des soeurs Brontë, Laura El Makki nous plonge dans leur intimité, leurs alliances, leurs déchirements, et nous raconte le destin de trois femmes aux prises avec l’adversité, qui ont su trouver en elles la force d’exister.
Marie Stuart de Stefan Zweig (J’ai Lu - 8,70€)
La destinée de Marie Stuart fut aussi prometteuse et exceptionnelle que brève et tragique. Reine d’Écosse à seulement six jours, en 1542, reine de France à dix-sept ans, puis veuve à dix-huit, elle est renvoyée dans son royaume. Catholique dans un pays protestant, toute sa vie elle se battra pour sa couronne, mais aussi pour celle d’Angleterre dont elle est une potentielle héritière, contre Élisabeth Ire, sa cousine et éternelle rivale. Intrigues, conspirations, trahisons, mauvais choix politiques et matrimoniaux l’amènent à abdiquer. À vingt-cinq ans, elle a tout perdu et restera la captive d’Élisabeth pendant vingt ans, avant que celle-ci donne l’ordre de l’exécuter, en 1587. Seul un maître du genre pouvait saisir toutes les nuances et la complexité de ce personnage à la fois ambitieux, solaire et imprudent. Stefan Zweig n’est jamais aussi envoûtant que lorsqu’il sonde les forces intérieures qui animent ses personnages.